A voir
Le concept est effectivement séduisant et s’érige en forme de dogme. Émettre un doute ou un avis contraire vous condamne irrémédiablement à devenir un hérétique ou un apostat. Je suis consultant et possède 41 ans d’expériences variées (management, chef de projet, conseil, formation) dans des secteurs variés. Aujourd’hui j’accompagne des entreprises, de différentes tailles et secteurs, dans leurs transformations et la qualité de vie au travail. je suis bien sûr plus qu’intéressé par cette notion d’EL. Cependant je partage aussi la réserve de F.Gueuze. Il y a eu des tentatives dans le passé de “libérer” l’organisation. Je pense aux expériences de Volvo (Kamlar, Uddevalla) qui était devenu le labo social du monde entier. Enfin, on pensait avoir trouvé l’organisation idéale, celle qui permettait une bonne rentabilité avec une bonne QVT. On sait ce qu’il en est advenu nonobstant le fait que c’était une très bonne idée mais que la contigence l’a condamnée.
Entre l’EL libérée totalement (Favi, Poult) et le modèle pyramidal tayloriste classique il y a un juste milieu. Il me semble qu’il y a plusieurs voies possibles, adaptables à chaque culture et contexte. J’ai vu comment la production avait doublé chez un équipementier automobile en quelques années grâce (entre autres) à la mise en place d’équipes autonomes de production. Cette usine n’existe plus aujourd’hui.
Je partage aussi en partie le point de vue des lecteurs qui voient dans le contrôle social un instrument de soumission librement consentie ou de servitude volontaire. Aimez l’EL ou quittez la. On ne gommera jamais totalement les relations de pouvoir et de domination dans l’entreprise. Elles s’exprimeront sous une autre forme.
Quant aux fonctions supports inutiles (ex les DRH),que d’aucuns qualifient de “bullshit jobs” et donc les suppriment, je me pose la question: qui a repris ces fonctions ? Le management ?
Avec plus de 150 évolutions réglementaires du code du travail par an l’enjeu est de taille… J’ai ouï dire que JF Zobrist (Favi) cherchait à faire marche arrière et remettre des RRH.
Je ne jette pas la pierre sur l’EL. Si je cherchais du travail je préfèrerais une EL. Les principes sur lesquels les EL sont fondées sont intéressants. Sont-elles les organisations du futur ou une nouvelle mode managériale parmi celles qui passent périodiquement comme des météorites…